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Réflexions d'une psychologue noire

La peur de souffrir…encore

Qui n a jamais connu cette émotion? La peur.

Cette dernière nous informe sur notre perception du danger. Elle fait référence à une menace réelle ou imaginaire.

La peur est orientée vers le futur, on a peur de ce qu’on imagine , on a peur de nos projections. C’est pourquoi cette peur est irrationnelle.

Elle ne repose sur aucune certitude, sur aucun fait.

Quand on a aimé et souffert, on se méfie, on n’y croit plus, on perd confiance en nous et ….dans le pire des cas, on ferme son cœur.

Et pourtant, il n y a aucune loi qui stipule que tout doive fonctionner comme on veut uniquement parce que nous le désirons.

Construire une relation demande de la volonté et un travail permanent sur soi.

Le fait d’avoir été blessée ne justifie pas de se fermer à l’amour. Car ce faisant, on met une barrière qui empêche les autres d’entrer, mais cette même barrière nous empêche également de sortir. Nous sommes prisonniers de nous-mêmes.

Ce qu’il faut savoir, c’est que notre passé ne prédit pas notre avenir. Nous apprenons tous les jours et nous changeons.

J’ai aimé un homme, j’ai tout donné pour que ça marche, j’ai voulu construire, j’ai fait l’impossible, mais il a décidé de partir. Il voulait autre chose…sans moi.

Pendant longtemps, je me suis vue comme un échec, je me sentais rejetée et j’ai perdu toute confiance en moi. Je ne croyais plus au bonheur.

A quoi bon? Alors j’ai fermé mon cœur.

Au vu de toutes les questions qui bousculaient mon esprit, j’ai entrepris mon introspection et au final, j’ai enfin compris “pourquoi” je souffrais autant.

Ce n’était pas la séparation le problème, mais plutôt ce que cette séparation avait réveillé chez moi. Elle avait réouvert une blessure d’enfance. Une perte, un deuil encore non résolu.

Cette prise de conscience m’a aidée à comprendre mon besoin initial: guérir de ma blessure d’abandon.

De ce point de vue, la souffrance est thérapeutique. Elle nous met face à nous mêmes et nous pousse dans nos derniers retranchements.

Ce que j’ai appris

Personne n’a le pouvoir de nous blesser. L’autre est tout simplement un miroir, qui nous révèle parfois nos manques et nos besoins. Par ses actes, il effleure nos douleurs encore enfouies, et là on peut s’effondrer.

Dans ces moments, la bonne question à se poser est la suivante: qu’est ce qui est touché chez moi? Qu’est ce qui résonne ?

C’est la réponse à cette dernière qui est la clé de la guérison.

Aujourd’hui, je bénis cette séparation car j’ai compris que mon ex ne me convenait pas. Il avait ses propres blessures en lui et ne pouvait contribuer de manière constructive à un bonheur commun. Pareil pour moi, je n’étais pas la bonne personne pour lui.

Je l’ai aimé c’est vrai, mais d’un amour d’enfant perdu, d’un amour d’enfant déçu. Nos routes devaient se séparer.

Deuil et travail sur soi

Ma séparation m’a aidée à mûrir et à apprendre ce que c’est que l’amour adulte.

Avec le temps, j’ai pu faire le deuil et j’ai de nouveau ouvert mon cœur. Je me suis montrée affectivement disponible, prête à accueillir l’amour d’un homme et à faire de nouveau des efforts pour construire une relation de qualité.

J’ai pu le faire parce que j’ai compris que je n’étais pas une mauvaise personne. Je devais juste apprendre a choisir un partenaire compatible et à aimer d’une manière plus épanouissante. On ne peut donner un véritable amour que si on s’aime déjà assez soi-même.

L’autre n’est pas là pour guérir nos blessures. C’est beaucoup trop lourd à porter.

Les personnes blessées font rarement de bons partenaires. Elles sont principalement dans la demande et les réclamations. Ce n’est pas de leur faute, elles ont encore des choses à régler. La souffrance peut-être vécue comme une limitation ou plutôt comme une école.

Avoir peur ne sert à rien, mais utiliser sa peine pour mieux rebondir c’est exactement la chose à faire. C’est ainsi qu’on devient une meilleure personne.

 

Noire&Psy

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